French Cinema

L’ image et le mot…

Le Feu Follet – Louis Malle 1963

 

 

 

Encyclopédie sur la mort

Pierre Drieu La Rochelle

Solitaire et instable, auteur de Gilles (1939) et du Feu follet (1931), il fut l’ami intime d’Aragon et compagnon des surréalistes. Il opta pour l’extrême droite et s’engagera sous l’occupation allemande pour le fascisme et la collaboration avec l’ennemi. Fondamentalement désespéré et sans projet, il mit fin à ses jours en 1945. Un roman posthume parut en 1966 sous le titre de Mémoires de Dirk Raspe. Dans Le feu follet, le personnage d’Alain est inspiré par le poète Jacques Rigaud, qui s’est donné la mort. Alain, être fragile et sans volonté, incarne le désarroi de l’homme moderne, abandonné dans un monde aux prises avec une crise* très grave des valeurs. Il tente de trouver l’oubli dans la drogue et, pour s’en libérer, il se lance dans l’écriture. Incapable de trouver un sens à sa vie, il se suicide. L’auteur souligne le rapport entre le suicide et l’action ou, plus exactement, il dégage la spécificité du suicide en tant qu’action destinée à secouer l’autre afin de renouer les liens desserrés: «J’ai la vocation au suicide… Alain ne se confinait pas dans la méditation, ni ne rêvait. Il agissait, il se piquait, il se tuait. La destruction, c’est le revers de la foi dans la vie; si un homme, au-delà de dix-huit ans, parvient à se tuer, c’est qu’il est doué d’un certain sens de l’action. Le suicide, c’est la ressource des hommes dont le ressort a été rongé par la rouille du quotidien. Ils sont nés pour l’action, mais ils ont retardé l’action; alors l’action revient sur eux en retour de bâton. Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres. C’est un acte de foi, comme tous les actes. Foi dans le prochain, dans l’existence du prochain, dans la réalité des rapports entre moi et le prochain. Je me tue, dit Alain, parce que vous ne m’avez pas aimé, parce que je ne vous ai pas aimés. Je me tue parce que nos rapports furent lâches, pour serrer nos rapports. Je laisserai sur vous une tache indélébile. Je sais bien qu’on vit mieux mort que vivant dans la mémoire de ses amis. Vous ne pensiez pas à moi, eh bien, vous ne m’oublierez jamais» (p. 243). Ce roman, largement autobiographique, a été adapté au cinéma par Louis Malle en 1963, le rôle principal était tenu par Maurice Ronet, qui s’est suicidé en 1983 (H. Mitterand, Dictionnaire des grandes œuvres de la littérature française, p. 246). Drieu était très habile dans l’art de créer une image négative de soi. Ses romans sont des autobiographies qui rapportent ses échecs et véhiculent un profond mépris du milieu bourgeois dont il était issu. Son écriture masque sa personnalité autant qu’elle la révèle. Ses livres ont leur part de vérité et de mensonge, comme il en est de tout matériel autobiographique qui sert à la compréhension d’un suicide.

 

May 15, 2008 Posted by | Les Années '60 | , , | Leave a comment

L’ Année Dernière à Marienbad – Alain Resnais – 1961

 

Six scenes from Resnais’ masterpiece from 1961 . A genuinely original film, showing the true potential of cinema, a challenge few since have had the courage to follow. In a huge, old-fashioned luxury hotel a stranger tries to persuade a married woman to run away with him, but it seems she hardly remembers the affair they may have had (or not?) last year at Marienbad.

 

 

Source: Dailymotion 

January 29, 2008 Posted by | Fantastique, Les Années '60 | , , , | Leave a comment

Le Chagrin et la Pitié de Marcel 0phuls – The Sorrow and the Pity – Documentaire – 1969

The Sorrow and the Pity – Interview 

#22 – The Sorrow And The Pity

 

 

The Sorrow and the Pity – Bourgeois

 

The Sorrow and the Pity – a woman’s place

   

 

 The Sorrow and the Pity – Interjection

  

The Sorrow and the Pity – Montage 

  

 

Source: wsws.org 

Collaboration et Résistance dans la France de Vichy
Le Chagrin et la Pitié de Marcel 0phuls

Par Richard Phillips
16 août 2001

Le Chagrin et la Pitié : Chronique d’une ville française sous l’Occupation, film documentaire épique de quatre heures et demie sur l’occupation allemande de la France pendant la seconde guerre mondiale, fut projeté récemment au festival du film de Sydney. Sorti il y a trente ans à Paris, ce film qui est maintenant distribué en DVD, est considéré à juste titre comme un des documentaires les plus importants du cinéma et parmi les rares films qui révèlent la collaboration de la classe dominante française avec l’Allemagne nazie de 1940 à 1944.

Ce film d’Ophuls révèle non seulement la répression politique et l’antisémitisme de la France de Vichy et l’opposition croissante contre ce régime, mais il remet aussi en cause la mythologie d’après-guerre, créée autour du mouvement gaulliste de la France Libre. Ce n’est pas un compte-rendu complet de la période, il y a des omissions importantes, mais néanmoins le film représente une introduction remarquable à cette période.

Continue reading

January 15, 2008 Posted by | Documentaire Historique, L'Occupation au Cinéma, Les Années '60 | , , , , | Leave a comment